Retrouvez la lettre musicale du chef des Chanteurs !

6 octobre 2021

C'est dans l'ancienne liturgie tridentine que je tire mon inspiration musicale pour cette lettre musicale hebdomadaire.

Ce 28e dimanche du temps ordinaire, initialement 20e dimanche après la Pentecôte, possède quelques textes latins mis en musique par des compositeurs de toutes les époques.

Le graduel  (que l'on chantait à la place du psaume actuel, juste après la première lecture) est le « Oculi Omnium in te sperant Domine » (les yeux de tous mettent en vous leur espérance, Seigneur)

Il est tiré du psaume 144 v 15.

Orlando di Lasso, compositeur très prolixe de la Renaissance, le « divin Orlande » comme le nommait le poète Pierre de Ronsard, était connu et reconnu dans toute l'Europe au milieu du 16e siècle.

Son style peut se résumer à « pas d'a priori ».

Il se permettait toute liberté tant sur le plan stylistique que sur la structure musicale.

J'ai choisi une version particulière.

La pièce est écrite pour 5 voix.

Il faut avoir à l'esprit que l'on pouvait distribuer à l'époque les voix  selon les musiciens ou chanteurs disponibles !

Ici, seules les voix de ténor et de basse sont chantées. Les parties de sopranos, altos et quintus sont exécutées par des cuivres.

Le résultat est superbe et le texte forcément mieux défini et distinct.

Par l'ensemble «Concerto Palatino» et Erik van Nevel

https://youtu.be/3kebkPyQrIg

Restons avec l'« Orphée belge », un autre surnom donné á Orlando di Lasso par ses contemporains.

L'offertoire de ce jour est un extrait du célèbre psaume 137 « Super flumina Babylonis » (sur les bords des fleuves de Babylone)

Lui aussi, de nombreuses fois mis en musique.

C'est une élégie funèbre sur la perte de Jérusalem par le peuple juif.

Ce thème et surtout le réalisme de l'écriture est à l'origine probable de cet engouement musical !

L'intérêt de l'écoute de ce motet vient du fait qu'il est serti de madrigalisme, procédé descriptif  traduisant musicalement ce que l'on évoque.

La pièce est surprenante et quelque peu déroutante par ses arrêts, ses bégaiements et reprises de mots traduisant la douleur et les pleurs…

Par le «Choeur de Chambre de Namur» · La Fenice · Jean Tubéry

https://youtu.be/OPa1yqpzdAM

Intéressant de mettre en parallèle un contemporain de Orlando di Lasso, Philippe de Monte compositeur flamand qui partagea sa carrière entre l'Italie et Vienne et dont l'univers musical est bien différent de celui de « son collègue ».

Une très belle version dans une tonalité mettant en valeur la qualité du choeur et la luminosité de cette belle pièce renaissance.

Par l'ensemble «Contrapunctus».

https://youtu.be/pJo6DUEA7FQ

Impossible de ne pas parler du plus célèbre et majestueux motet français écrit sur ce psaume.

Michel-Richard de Lalande, l'un des compositeurs du roi Louis XIV, écrivit essentiellement des grands motets pour sa charge de maître et surintendant de la musique.

Ce grand motet versaillais de 1687 dans la plus pure tradition française (petit choeur à 3 voix, solistes, grand choeur à 5 voix) sublime et théâtralise  le texte grâce à son écriture  particulièrement suggestive.

Quatre mouvements du grand choeur structurent l'œuvre.

Nous sommes, après une symphonie orchestrale, transportés de la déploration et du cri de détresse des juifs exilés sur les rivages de Babylone à la jubilation du baryton solo et du choeur sur « hymnum cantate nobis »

« les Arts florissants »  !!!

https://youtu.be/9mllRRWrlfI

Une projection sur notre époque maintenant.

Deux compositeurs que j'apprécie particulièrement pour leur écriture musicale bien que très éloignés l'un de l'autre.

Tout d’abord un estonien.

Son écriture minimaliste et épurée utilise des rythmes simples et sur principalement trois notes s'inspirant des sons d'une clochette .

C'est le style tintinnabuli d'Arvo Pärt.

En 1976, il met en musique pour Choeur et ensemble instrumental le psaume 137 « An Den Wassern zu Babel »

Hiératique et ascétique !

Paul Hillier et le « Estonian philharmonie Chamber choir »

https://youtu.be/GEgq6aIk5Tg

Enfin pour finir, les yeux tournés vers le ciel,

l'«Oculi omnium » par l'américain Eric Withacre

Plus facile d'abord, sa musique mélodique et ses procédés de superposition d'accords et de clusters sont très vite reconnaissables.

Choeur de femmes en division et de superbes amen avec l'adjonction des voix d'hommes.

Eric Whitacre et les «Eric Whitacre Singers»

https://youtu.be/NXvFWLfZ4ng

Bonne semaine à tous !

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