La nouvelle lettre musicale du chef des Chanteurs

30 septembre 2021

Pour ce 27e dimanche du temps ordinaire, 
en s'inspirant du missel romain, commençons notre parcours musical par deux extraits de la Cantate BWV 115   « Mache dich, mein Geist, bereit » (Tiens-toi prête  mon âme ).

Elle fut écrite par Jean-Sébastien Bach en 1724 au cours de sa deuxième année à Leipzig.
L'intérêt et la célébrité acquise par cette cantate tiennent tout d'abord à son orchestration concertante amenant le traverso (flûte), le hautbois d'amour et les violons (à l'unisson dans le chœur d'ouverture) à une virtuosité très poussée, mais aussi aux matériaux musicaux utilisés.
 
Le chœur d'ouverture sous forme de passacaille avec orchestre concertant et chœur (les sopranos en cantus firmus et les trois autres voix en imitation ou homophonie) donne la part belle à la flûte, au hautbois d'amour et aux cordes à l'unisson.
 
Le thème choral que l'on entend aux sopranos est une mélodie du 17e siècle utilisée comme air à danser puis comme chant d'église à partir de 1694. Depuis, cette mélodie parcourt les siècles dans des pièces pour clavecins, des œuvres chorales jusqu'au 19e siècle et des adaptations dans de multiples langues…
Je suis sûr que vous allez la reconnaître !
 
 
Puis le choral final à quatre voix. On y retrouve intégralement à quatre parties vocales et instruments colla parte, le cantus firmus du chœur d’ouverture. C'est plutôt à travers cette écoute que vous reconnaîtrez la mélodie anonyme de « Straf mich nicht in deinem Zorn ». 
Quelle est la version française devenue un chant d'église de nombreuses paroisses ?
 
J'ai choisi la version tonique et engagée de John Eliot Gardiner.
Le traitement orchestral est de toute beauté, extrêmement bien mis en valeur par le jeu, le phrasé incisif des instruments et aussi la prise de son de ce bel enregistrement.
 
 
C'est l'occasion de rapprocher de ces extraits virtuoses de J.S. Bach, les deux derniers mouvements du grand motet « Exaudiat te Dominus » d'un de ses contemporains, le compositeur français Joseph Bodin de Boismortier (1689 1755). Plus que pour ses œuvres vocales, Boismortier est connu pour ses pièces instrumentales, en particulier pour flûte, dont il était un joueur exceptionnel. 
 
Cette œuvre, datant de 1728, est extraite du psaume 19 qui fut très souvent mis en musique par les musiciens français sous Louis XIV et chanté avec le Te Deum.
C'est une prière pour un roi chrétien.
« Ceux qui n'espèrent que dans la puissance temporelle périssent.
C'est du ciel que vient la force et la gloire »
L'occasion est trop grande pour les compositeurs d'user de tout leur art, d'un nombre conséquent d'instrumentistes et de chanteurs  pour magnifier ce texte éloquent !
 
J'ai choisi ce motet de Boismortier pour son utilisation particulière des flûtes et autres vents : de grandes gammes lancées fusant à travers les voûtes, percutées par les timbales et les cuivres, comme dans les dernières œuvres opératiques de Jean Philippe Rameau. 
 
On remarque aussi de grandes parties de chœur à l'unisson sur des vocalises traitées de façon très instrumentale. Tout cela est fort étonnant et l'on imagine grandement la stupeur de l'auditoire à l’époque.
Par Hervé Niquet et  «Le Concert Spirituel».
Deux extraits qui s'enchaînent dans l’œuvre :
 
 

Et pour finir un motet, virtuose lui aussi, extrait des «Vespro della beata Vergine» de Claudio Monteverdi. L'audition et la lecture du lien, que je vous envoie, vous montreront toute l'étendue de l'art du maître dans les imitations très rapprochées des deux chœurs à 5 voix.

Ces vêpres sont reconnues pour être difficiles à exécuter et preuve à l'appui, à vos casques !!!
La belle, rapide et limpide interprétation du Nederlands Kammerkoor et René Jacobs !
 

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